La nouvelle écologie politique
La population totale des individus vivant dans de bonnes conditions matérielles aujourd’hui est supérieure à ce qu’était la population totale de la planète il y a deux siècles. Cette « victoire » nourrit pourtant une inquiétude : serions-nous trop nombreux à être trop bien portants et trop riches ? Ne faudrait-il pas réduire la part de chacun dans la consommation des ressources terrestres pour conjurer cette malédiction de la prospérité ?
Dans ces débats, la théorie économique est souvent accusée d’avoir refusé de reconnaître la finitude de la nature. En réalité, la perspective de l’épuisement n’a cessé de l’habiter, de l’épuisement par surpopulation de Malthus à l’épuisement énergétique et jusqu’aux modèles de simulation qui chiffrent désormais l’épuisement généralisé de l’hospitalité terrestre dans « l’ère de l’anthropocène ».
Heureusement, la loi d’entropie n’est pas la seule flèche de temps qui gouverne notre évolution ; il en est une autre : l’augmentation des connaissances. Le temps de l’économie est, pour ces raisons, irréductiblement entropique pour les ressources et historique pour les connaissances. Les perspectives du développement humain tiennent plus que jamais à l’articulation de ces deux processus, ainsi qu’à leur adéquation à un principe de justice dont seule la démocratie peut fournir les clés.
- La nouvelle écologie politique. Economie et développement humain, par Pascal Canfin., Alternatives économiques.
- Peut-on critiquer la croissance ? , par Geneviève Azam, Politis.
- Le marché carbone et les politiques européennes de lutte contre le changement climatique, Éloi Laurent, invité de l’émission « L’économie en question »., France culture.
- Jean-Paul Fitoussi : « Un avenir plus clair quand le politique reprend ses responsabilités », par Jean-Claude Bourbon., La Croix.
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