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Le Rappel à l’ordre

Enquête sur les nouveaux réactionnaires
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Un vent d’hiver souffle sur la vie intellectuelle française depuis quelques années. Il vient de loin mais porte à de nouveaux combats, hier encore improbables : contre la culture de masse, contre les droits de l’homme, contre 68, contre le féminisme, contre l’antiracisme, contre l’islam... Les nouveaux réactionnaires, grands artificiers de cette levée générale des tabous, déploient leur offensive sur deux fronts - les deux pôles de la culture politique française qui prônent une « société ouverte » : la gauche égalitaire et la droite libérale. Au cœur de cette nouvelle synthèse idéologique de combat flotte le fantôme d’une politique héroïque devant laquelle la démocratie ferait pâle figure. Cette prise de position est une invitation pressante faite aux acteurs du débat public pour qu’ils prennent leurs reponsabilités dans un moment de recomposition idéologique et politique crucial.

« Nous faisons de notre mieux pour qu’aucun doute ne subsiste sur la valeur des mythes qui renaissent de la putréfaction des idéaux. » Paul Valéry « Lettre-Préface » à Keyserling, Le monde qui naît, 1934.

« Vous êtes réactionnaire, c’est bien. Tous les grands écrivains sont réactionnaires. Balzac, Flaubert, Baudelaire, Dostoïevski : rien que des réactionnaires. Mais il faut baiser aussi, hein. Il faut partouzer. C’est important. » Michel Houellebecq, « Sollers » personnage des Particules élémentaires, 1997

Le 21 avril 2002 a emporté bien des certitudes. N’y voir qu’un effet du discrédit des élites, comme le font beaucoup ces derniers temps, c’est non seulement faire le jeu des populismes qui ont aujourd’hui le vent en poupe en Europe, mais aussi ignorer la puissance corrosive des idées qui s’affirment et que traduit le retour de thèmes aux saveurs un peu oubliées : l’ordre, l’autorité, la restauration des valeurs, le « peuple réel » (souvenons-nous un instant du « pays réel » de Charles Maurras), voire le culte des racines et des identités constituées. Autant de figures qui renvoient en réalité à une méfiance de plus en plus marquée à l’égard de la démocratie, de l’État de droit et des fondements d’une « société ouverte » au moment même où on les croyait durablement installés dans les esprits. Comme le dit Pierre Hassner [1], nous entrons peut-être dans un monde qui sera davantage celui de Hobbes, de Nietzsche, voire d’un certain Marx, que celui de Locke et de Kant (paix perpétuelle et République universelle). Exit l’État de droit, retour à l’État-Léviathan comme ultime recours devant le spectre de la « guerre de tous contre tous ». Tel serait le programme du « siècle qui naît ».

Mais l’idée d’une revanche du peuple sur les élites masque également les contributions actives d’une bonne partie desdites « élites » - en l’occurrence de l’intelligentsia française - à ce brusque changement de climat idéologique. Pour ne pas être surpris par la « petite ère glaciaire » qui s’annonce, il faut sans doute reconsidérer le jugement porté un peu rapidement sur la « conversion » des intellectuels français à la démocratie, aux droits de l’homme et à l’État de droit - le « triangle d’or » évoqué un jour par le même Pierre Hassner [2] - dans les années 1980 : le fracas des événements récents conduit en effet à réviser nombre d’idées reçues sur l’état des esprits. Les passions les plus archaïques de la communauté intellectuelle, un temps gelées par les baisers Lamourette de l’antitotalitarisme, semblent revenir au galop.

Certes les retours aux sources ne sont pas nécessairement des retours en arrière. Certains vont chercher dans les œuvres du passé de quoi éclairer le présent : c’est le cas des Furet, des Lefort, des Blandine Kriegel, des Philippe Raynaud, qui, exhumant un xixe siècle français injustement oublié, ont réintroduit Constant, Guizot, Quinet, et bien sûr Tocqueville déjà « redécouvert » par Raymond Aron au temps de la Guerre froide. Mais il en est d’autres qui prennent la forme d’authentiques régressions et visent en son cœur, sans toujours l’avouer, le projet démocratique lui-même et son ambition égalitaire. C’est à ce type d’offensives que nous assistons aujourd’hui.

Ces attaques, parfois ouvertes, parfois encore dissimulées, s’en prennent en priorité aux « idoles » d’hier, avec une efficacité à faire pâlir les prophéties les plus pessimistes véhiculées jusque-là par les seuls « thrillers » d’anticipation, dans la littérature ou au cinéma... Combien dérisoires nous apparaissent désormais les « grands débats » qui agitaient hier encore le Landernau. Ceux qui annonçaient le règne de la « pensée unique » se sont finalement battus contre des moulins à vent, ou se sont carrément trompés de cible. Ceux qui, avec les derviches tourneurs du « mouvement social », promettaient de nouveaux « pôles de radicalité » semblent aujourd’hui aussi démunis que les autres devant les bouleversements du paysage idéologique et politique.

Certes les nouveaux réactionnaires ne forment pas, ou pas encore, un mouvement structuré et conscient, avec ses manifestes, ses tribuns charismatiques, ses écoles et ses querelles d’école. Il ne s’agit pas non plus d’une réédition de l’opération « Nouvelle droite » modèle 1978. Il n’y a pas de « chef d’orchestre ». Ce que l’on perçoit, ce sont plutôt les échos de marteaux sans maîtres poussant leur petite musique sans crainte de la cacophonie. Ce basculement, sensible pour beaucoup, résiste aux tentatives de qualifications. « Populisme », « néoconservatisme », « national-républicanisme »... Les mots pour le dire éclairent très imparfaitement le phénomène, comme ils peinent à rendre compte des sautes d’humeur du corps électoral. C’est en réalité une nouvelle réaction (au sens premier du mot) qui se met en place et dont les ramifications peuvent être observées dans des canaux aussi divers que les ouvrages de philosophie politique ou morale, les essais, les romans, les bandes dessinées, les slogans publicitaires, les paroles des chansonnettes, et naturellement les cercles, clubs ou fondations où se concertent les fameuses « élites ». C’est pourquoi nous parlerons ici de « nouveaux réactionnaires », bien que les réactionnaires soient rarement « nouveaux » autrement qu’au sens banal de la relève des générations. Ce qui est nouveau, en revanche, c’est que l’offensive actuelle se déploie simultanément contre les deux pôles historiques de la culture politique française, qui prônent une société ouverte et pluraliste : la gauche égalitaire et la droite libérale. En effet, l’anti-égalitarisme que l’on voit se développer aujourd’hui chez certains est aussi un nouvel « illibéralisme » qui n’a que peu de points communs avec celui du gauchisme traditionnel. Au fond, la réaction actuelle n’épouse aucun des clivages convenus de la vie politique de ces dernières années.

Tout se passe pourtant comme si on voulait continuer à nous persuader, en dépit de tout, que le débat public a toujours lieu entre libéraux et sociaux-démocrates, voire, au sein de la gauche, entre la « vraie gauche » et les « sociaux-libéraux ». Cet entêtement dans la routine intellectuelle et, disons-le, dans le verbalisme incantatoire, est à la fois dérisoire et quelque peu hasardeux. Comme l’est, dans un autre genre, la ritournelle sur les « intellectuels médiatiques » véhiculée par certains organes de presse [3]. L’affaire est en définitive bien plus grave que cela. Peut-être allons-nous vers la généralisation de ce que Jürgen Habermas appelle des positions « néoconservatrices [4] ». On sait que l’on a baptisé ainsi, de l’autre côté de l’Atlantique, le tropisme de certains démocrates déçus par le manque de fermeté de leur parti, sous Carter en particulier, devant la menace soviétique et la montée du « politiquement correct ». Beaucoup d’intellectuels juifs, jadis piliers du syndicat ouvrier American Federation of Labor (Afl), ont rejoint ce courant, pour les mêmes raisons et pour d’autres plus spécifiques (guerre des Six Jours en 1967 ; crise de la vieille alliance des minorités, essentiellement dans les rapports Juifs/Noirs). Des revues comme Commentary (Norman Podhoretz) et The Public Interest (Irving Kristol) sont ainsi passées du libéralisme (au sens américain, c’est-à-dire de gauche) au « néoconservatisme ». Cette évolution a un air de famille avec celle que l’on peut observer en France, y compris en raison du rôle qu’y tiennent des intellectuels juifs issus de la gauche, devenus défenseurs inconditionnels d’Israël et désillusionnés de l’anticolonialisme, de l’antiracisme, etc. Dans le même ordre d’idées, on signalera que certains des néoconservateurs les plus en vue ont été des disciples de Leo Strauss, et que la défense des humanités contre les « nouveaux barbares » de l’école et de l’université de masse est chez eux une détermination très importante, à Princeton comme à Paris. Mais le climat hexagonal a ses spécificités. C’est le cheminement de cette « nouvelle vague » française qu’il s’agit de reconstituer ici, sans diabolisation aucune. D’abord en identifiant les points d’impact de ce courant dans le débat public : ce sera l’objet de la première partie de notre enquête. Les nouveaux réactionnaires se retrouvent d’abord autour d’antipathies communes et d’un goût que l’on croyait passé (sauf chez quelques héritiers de Céline, modèle insurmontable en la matière, et autres folliculaires des groupes extrémistes) pour la provocation, l’insulte, la dénonciation ad hominem et la transgression systématique de tous les tabous. La libido réactionnaire, qui peut ici s’offrir le luxe de reprendre le plus discutable de « 68 » (« Il est interdit d’interdire ! »), pousse en effet à brouiller méthodiquement les frontières du « dicible » et du non-dicible. Cherchera-t-on à nous faire encore une fois le coup de « l’anarchisme de droite » ? On sait que cette expression a servi à couvrir les nostalgies autoritaires, lorsqu’elles devaient recourir à la dissimulation (écrivains vichystes et collaborateurs aux lendemains de la Libération). En réalité, nous n’en sommes plus là aujourd’hui. Le désir de réaction se répand désormais au grand jour à travers différents « procès » : celui de Mai 68, celui de la culture de masse, celui des droits de l’homme, celui de l’antiracisme, plus récemment celui de l’islam... Autant de totems et d’intouchables déboulonnés les uns après les autres par une verve iconoclaste progressivement déculpabilisée. Progressivement, car il s’agit d’une mécanique ; chacune de ces « procédures » favorise l’ouverture de la suivante tout en rendant plus acceptables des opinions jugées jusqu’ici intolérables. Le procès de Mai 68 rend ainsi plus aisées les attaques contre l’école et l’université de masse et banalise peu à peu l’expression de points de vue « antijeunes ». De même, le procès de l’antiracisme tourne à la banalisation des discours xénophobes bien au-delà de leurs émetteurs traditionnels, comme le prouve la vague récente d’islamophobie. Au total, les dégâts ne sont pas minces : c’est toute une réflexion ouverte qui se fige soudain dans des passions naguère encore inavouables.

À chacune de ces offensives, beaucoup ont ressenti plus ou moins clairement la gestation d’un mouvement à la fois anti-égalitaire et « illibéral » dont les coordonnées échappaient aux classifications habituelles. Mais personne ne s’est soucié de repérer les généalogies intellectuelles et les passerelles idéologiques qui ont permis ce basculement. Ce sera le second temps de l’enquête.

L’histoire des intellectuels français possède ses invariants. À trop les négliger, on tombe vite dans les inconvénients jumeaux de l’inquisition moralisante ou de la complaisance oublieuse. Au xxe siècle, le sacerdoce intellectuel français a connu deux dogmes rassembleurs, liés aux noms de Maurras et de Marx. Le premier a été durablement délégitimé par ce qui s’est passé entre 1940 et 1944, mais n’a pas cessé pour autant d’exercer une influence souterraine. On le vit encore à la fin des années 1970, lorsque le Grece, plus connu du grand public sous le nom de « Nouvelle droite », entreprit de reconquérir « culturellement » la société française à ce type d’idées, sans les présenter comme telles, mais en les traduisant dans un langage acceptable pour un intellectuel de gauche moyen. Ainsi, la défense de l’inégalité et la recherche de la pureté ethnique passaient-elles par l’affirmation du « droit à la différence » et de celui de vivre et travailler au pays.

On peut en dire autant du marxisme qui a dominé les générations suivantes, même si l’interdit est dans ce cas moins fort. Mais il faut encore ajouter à ces spectres qui hantent notre République des lettres l’évolution, décisive comme elle le fut de l’autre côté de l’Atlantique, de plusieurs catégories, qui possèdent d’ailleurs des interfaces : d’anciens militants de la contre-culture des années 1970, certains intellectuels juifs, certains libéraux repentis... Ceux-là mêmes que Régis Debray a qualifiés « d’êtres hybrides » : « conservateurs révolutionnaires », « traditionalistes subversifs », « démocrates autoritaires [5] ».

C’est bien sur les ruines de ces courants et dans le lexique de ces oxymores qu’ont grandi les nouveaux réactionnaires d’aujourd’hui et que se sont construits ces itinéraires insolites que nous découvrons aujourd’hui : de Trotski à Carl Schmitt, des « années rock » au culte académique de la langue classique et du latin d’école, du gauchisme chevelu à la croisade contre les fadeurs vénéneuses de la modernité... Mais c’est peut-être en littérature - après tout, nous sommes en France ! - que s’illustre le plus clairement ce backlash idéologique, notamment chez des auteurs comme Dantec ou Houellebecq auxquels nous réserverons une place de choix dans ce maquis de la nouvelle réaction : celle d’éclaireurs. Place qu’ils assument d’ailleurs crânement et avec un talent indiscutable.

Reste à situer le lieu géométrique de tous ces itinéraires. D’aucuns, échaudés par trop de complots imaginaires, pourraient penser qu’il n’existe pas. Nous sommes d’un avis contraire. Une sensibilité collective, comme celle qui poussait toute une génération en 1950 vers le « progressisme » ou qui animait plus généralement tous les « partis intellectuels » qui ont défrayé la chronique depuis Péguy, n’a pas besoin d’être voulue pour exister. Comme on disait dans les fiévreuses années « structuralistes » de notre jeunesse, c’est un « procès sans sujet ». Dire cela, ce n’est pas méconnaître que cette inspiration commune rencontre des inflexions très différentes, voire des contradictions chez les uns et les autres, mais soutenir que quelques convictions simples sont susceptibles de les rassembler. Certains, déjà constitués en groupes d’admiration mutuelle, se cherchent des ancêtres : Péguy, Bloy, Bernanos. De quoi brouiller les pistes... Derrière leurs cibles de prédilection (le laxisme moral, les nouveaux barbares, le droit-de-l’hommisme, etc.) se profile en effet une nouvelle synthèse idéologique de combat contre tous ceux qui, de près ou de loin, auraient contribué à dissoudre l’État souverain dans le marais des droits individuels, la Nation dans le grand bouillon euro-mondialiste, le peuple dans la société civile et la culture dans le jeunisme multiethnique.

Au fond, ce qui gît au cœur de cette nouvelle sensibilité et cherche confusément sa formulation conceptuelle depuis quelques années, c’est un nouveau jugement de la démocratie. Un procès en appel, pourrait-on dire (tant l’affaire est ancienne et semblait entendue), non pas contre la démocratie en général, mais contre cette version prosaïque, humaine trop humaine, que caractérisent l’acceptation du système des partis, l’attachement à l’État de droit, le souci de l’individu et de ses droits et l’acquiescement à l’économie de marché ainsi qu’au pluralisme de l’information. Il est vrai qu’une certaine pratique des institutions de la Ve République - les « années Mitterrand » en particulier - a pu nourrir un certain désarroi. Mais ce désarroi a été souvent l’occasion de se laisser porter par des tropismes archaïques, où resurgissent les images d’Épinal de l’« illibéralisme » français. Au fond de cette nouvelle pensée, flotte le fantôme d’une politique héroïque, lestée par l’histoire des nations et fascinée par la représentation d’un peuple un et indivisible ; une démocratie, peut-être, mais qui n’a jamais paru sur terre. Invoquer les ombres de Robespierre ou du général De Gaulle n’y change rien : ce fantasme récurrent condamne ses zélateurs, comme par le passé, soit à la frustration, soit à la dérive vers des rivages plus incertains.

Face à cette politique héroïque, ivre d’événements, de décisions fortes et de fondations dramatiques, la démocratie qu’il conviendrait de défendre aujourd’hui est certes moins épicée, mais sûrement plus durable. Elle ne se réduit pas à la souveraineté populaire, mais y ajoute le respect de l’État de droit, de la Constitution et des droits de l’homme. Elle ne se réduit pas non plus à une pure organisation des pouvoirs, mais constitue aussi une forme de société et un « état des mœurs », pour parler comme Tocqueville, auxquels rien n’est plus étranger que la morgue d’élites intellectuelles fustigeant la vulgarité des masses et la médiocrité des temps.




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Notes

[1] Voir Thérèse Delpech, Nicole Gnesotto et Pierre Hassner (table ronde), « Face aux nouvelles menaces, quelle coalition antiterroriste ? », Esprit, novembre 2001.

[2] P. Hassner, La Violence et la paix, Paris, Le Seuil, coll. « Points », 2000.

[3] Voir à ce sujet l’article archétypique de Maurice Maschino, « Les nouveaux réactionnaires », dans Le Monde diplomatique, octobre 2002.

[4] Jürgen Habermas, Écrits politiques, Paris, Cerf, 1988.

[5] Régis Debray, Pour l’amour de l’art, Paris, Gallimard, 1998, p. 94.

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